LA VÉLOROUTE DES DRAVEURS

  • Publié le
  • Par Jacque Parisien
LA VÉLOROUTE DES DRAVEURS

Débutant à Low et se terminant à Farley, elle s’étend sur quelque 72 kilomètres offrant un point de vue sur des paysages tantôt bucoliques, tantôt lacustres.

VÉLOBLOGUE #4

JUILLET 2021

LA VÉLOROUTE DES DRAVEURS

 

Connue par certains, méconnue par plusieurs autres, la véloroute des Draveurs mérite d’être mentionnée parmi les pistes cyclables les plus belles en Outaouais. Débutant à Low et se terminant à Farley, elle s’étend sur quelque 72 kilomètres offrant un point de vue sur des paysages tantôt bucoliques, tantôt lacustres.   Elle se divise en deux parties: une première partant de Low jusqu’à Gracefield, en terre battue ou en gravier, et une deuxième de Gracefield à Farley entièrement asphaltée.  Regardons-y de plus près.

 

Je commence par la deuxième partie car c’est sans doute la plus connue, voire la plus courue.  Entièrement asphaltée, cette partie de la véloroute débute à Gracefield, où vous pouvez garer votre voiture au centre communautaire, et termine sa course à Farley.  L’aller-retour ajoutera environ 55 kilomètres à votre odomètre si vous décidez de vous la taper en entier. Par contre, pour les cyclistes débutants, on peut tout aussi bien s’arrêter à Blue Sea (aller retour d’environ 24 km)  ou à Messines (aller-retour d’environ 40 km) et faire demi-tour, ou encore garer sa voiture à Blue Sea pour se rendre à Messines et revenir à notre point de départ. Traversant une forêt luxuriante avec des ascensions et des descentes modérées, la piste longe une partie du lac Blue Sea et le cycliste sera ébloui par la beauté des lieux. 

Si vous craignez de manquer d’eau, vous pouvez vous arrêter à Messines, en tournant légèrement à droite lorsque vous traversez la route, et vous y trouverez une eau de source naturelle froide et rafraîchissante.  On peut s’y désaltérer tout comme s’y reposer car là se trouve aussi un parc aménagé de balançoires et autres manèges pour les enfants.  Le reste du trajet vers Farley n’est pas à négliger non plus et saura satisfaire les plus exigeants amoureux de la nature.  Ce qui fait le succès de cette portion de la véloroute, outre sa beauté, c’est la possibilité d’y rouler avec n’importe quel type de vélo; hybride, route, gravier ou même en vélo de montagne. À franchement parler toutefois, les adeptes de vélo de montagne la trouveraient sans doute beaucoup trop facile, à moins bien sûr de dévier leur route pour emprunter les quelques chemins perpendiculaires réservés aux VTT.  

 

La première partie de la véloroute est sans doute considérée comme étant le vilain petit canard.  En effet, la surface est composée de terre battue, de gravier, de double track (piste en terre battue à deux voies) et, entre Low et Venosta, de ce que je qualifierais de champ de mines puisque des roches grosses comme une orange navel parsèment cette section.  Inutile de dire que les vélos de route sont fortement déconseillés et que pour traverser cette section, des pneus 40c, au minimum, sont fortement recommandés.  J’ai même croisé un cycliste d’un âge certain en vélo de route qui, tout compte fait, semblait en arracher, avec raison. Certains téméraires voudront peut-être tenter leur chance, mais un cycliste averti en vaut deux. 

(La photo ne rend pas justice au niveau de difficulté de cette section)

Par contre, si on part de Venosta, on évite ce champ de mines.  Je dirais même qu’en général, ça roule très très bien, même si j’ai des réserves pour le faire en vélo de route.  Attention toutefois aux sorties ou aux entrées de piste car elles sont parfois recouvertes de sable, donc les recouvrant d’une surface molle et meuble.  Le secret, et tout bon graveleux vous le dira, c’est de ne pas ralentir, mais de poursuivre sa course sans hésiter.  On parvient ainsi à fendre le sable sans coup férir.  Le décor de cette section n’a que peu en commun avec la deuxième partie.  Mis à part les sublimes passages en forêt, comparables, on traverse majoritairement des terres agricoles.  Il y a bien quelques plans d’eau dont celui, juste un peu avant Gracefield, où un pont tout neuf enjambe la rivière Picanoc.  Au surplus, de nombreuses aires de repos parsèment les deux parties, donc on peut, à l’intérieur d’une distance raisonnable, s’arrêter pour se reposer.  



Enfin, si on me demandait laquelle des deux parties est ma préférée, eh bien, au risque de vous surprendre, ce serait la première.  Mon Norco Search XC, acheté chez Vélozophie, est équipé de pneus WTB Byway de 44c et est donc tout à fait à l’aise sur ce type de surface.  



Par ailleurs, la piste étant beaucoup moins fréquentée, j’ai l’impression de vivre une relative solitude, propice à la contemplation, aux réflexions ou au peaufinement de mes techniques sur gravier.  J’ajouterais que rouler en vélo de gravier peut radicalement changer notre attitude: la vitesse moyenne ne compte plus, à moins d’être dans une course, mais c’est l’habileté et l’endurance qui sont sollicitées.  Pour conclure, n’hésitez pas à choisir la véloroute des Draveurs pour votre prochaine balade à vélo, mais choisissez judicieusement votre point de départ.